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La dernière cible d’un coup d’état


Le 05 Mai 2019


Ukraine, Turquie, Venezuela. Qu’il soit resté à l’état de tentative ou qu’il fut le début d’un nouveau régime ou pouvoir, le coup d’état marque systématiquement d’une croix rouge le siège de la télévision nationale. Les putschistes s’en prennent aux médias pour faire entendre leur voix au peuple. Et au reste du monde. Quitte à bafouer la liberté de la presse. Même dans des révolutions « légitimes », il s’opère un contrôle des propos en faveur des armes et non des faits. Avec l’aéroport, autre moyen de communication, la télévision est donc une cible à protéger. Ah bon ? Combien de bâtiments abritant des médias bénéficient d’une garde nationale aux entrées stratégiques ? Les médias ne dépendent pas jusqu’à présent du ministre de la défense. Alors qu’au regard de l’histoire, cela pourrait se justifier.

Je rêve d’un monde ou la communication aurait plus de valeur que l’argent. Certes, l’information a fait ses preuves marchandes. Mais à quel prix ?

Les restructurations sont monnaie au sein des rédactions de journalistes. On ne compte plus les rachats d’investisseurs voulant avant tout miser sur la valeur marchande d’un produit auprès des annonceurs. Les medias se déchirent entre éthique et survie. Et l’état laisse faire au nom de la libre concurrence. S’il intervient on criera à l’ingérence. Les lecteurs sont déjà suffisamment méfiants. Alors le privé et le public se partagent la peau de chagrin. On vend et on achète de l’information comme des poissons a la criée. L’élevage est intensif. On sélectionne les alevins qui plaisent le mieux. L’océan devient homogène, fade et sans reflet. Les marins ont quitté le navire.

Et pourtant, privez une communauté de sa radio et elle lancera des pétitions. Empêchez un film d’être diffusé et il sera médiatisé. Certains piratent des ondes ou des écrans publicitaires pour contrer la censure. Les coups d’état médiatiques sont légions. Ils ne renversent pas pour autant un gouvernement.

Récemment, l’état a pris conscience qu’il fallait armer les enfants et les jeunes face à l’information qu’ils subissent. C’était l’avènement de l’éducation aux medias. Nouveau champ de bataille de chasseurs de subsides et appels a projet, on y retrouve les organisations dont c’était déjà le combat, et qui sont enfin soutenues, et les opportunistes qui s’improvisent décrypteurs. Même les universités créent des filières homonymes. Un peu trop tardivement, me direz-vous ? Sans doute, la génération sacrifiée n’aura pas été vaine. Les accros du Net sont de toute façon perdus, autant mettre l’argent là où il est encore possible de rectifier le tir.

Néanmoins, je ne suis pas certain que cette bonne intention politique ira de pair avec un réel soutien démocratique aux medias eux-mêmes.

La société va-t-elle enfin comprendre que dernière l’information (dont elle ne sera plus esclave puisqu’elle sera capable de déjouer les pièges) se cache un foret bien plus intéressante à explorer ? Après l’engouement viendra la désillusion, c’est certain. D’autres dictatures numériques ou militaires feront leur apparition.

On prétend qu’il faut avoir perdu quelque chose pour se rendre compte de sa valeur réelle. Je ne nous souhaite pas de perdre notre communication. Ce serait la guerre. Or elle est gage de paix.

Jérôme RAMACKER
52 remèdes à l’incommunication.



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