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Un poste pour un stagiaire


Le 10 Juin 2019



J’ai déjà accueilli des stagiaires dans mon service. Je sais qu’ils sont un soulagement pour l’équipe en place. J’envoie aussi des étudiants en stage. Je sais que pratiquer la communication est mille fois plus intéressant qu’en entendre parler dans un auditoire « c’est ça que je veux faire », j’ai toujours l’impression de briser leurs espoirs lorsque je les invite à consulter les offres d’emploi.

Les faits sont là : dans le milieu socioculturel (associatif, artistique, culturel, non-marchand...), la plupart des postes liés à la communication sont non rémunérés. Comme si cela n’avait aucune valeur. Comme si le stagiaire était un mouchoir qu’on jette une fois utilisé. Il y en a toujours dans la boite comprenez le nombre d’étudiants qui sortent de ces facultés, la société civile attire les jeunes idéalistes prêts à sacrifier leurs nuits, on pourra toujours se plaindre de la qualité sans remettre en question le mangement RH. Apres tout, ce n’est qu’un stagiaire.

Le système a ses avantages : il crée de l’expérience professionnelle. Surtout pour le stagiaire en réalité, qui devra mettre les mains dans les cambouis et non plus dans ses notes de cours. Assumer des responsabilités, ajouter des noms a son carnet d’adresse, connaitre tous les imprimeurs et commerçants du quartier... les apports sont variés.

Pour l’organisation par contre, elle ne gagne pas en professionnalisme ! Chacune de des actions est réalisée pour la première fois pour un débutant. Tout au plus l’organisation bénéficiera-t-elle d’idées nouvelles, qu’elle hésitera cependant à valider.

Le stagiaire coute peut-être moins qu’un CDI en argent mais pas en temps. Or une compagne de communication ne se construit pas sur un défraiement de transport. Pensez-y quand vous devrez engager une personne à ce poste. Voulez-vous prendre un risque d’image au lieu d’assurer un savoir-faire constructif ? Car même si vous engagez un nouveau, son expérience au sein de l’organisation y restera et se bonifiera au fil des projets.

Un jour j’ai vu une annone : « Festival renommé cherche responsable communication, bachelier, stage non rémunéré » j’ai failli pleurer.

Je me bats depuis plusieurs années pour la professionnalisation du secteur. Difficile d’y croire encore s’il n’est pas possible de vivre de son métier de communicateur. Un stage ne paie pas un loyer. C’est une ligne vite balayée sur un CV. Honnêtement, que pensez-vous d’un candidat qui accumule les stages sans pouvoir présenter un seul contrat rémunéré ? Qu’il est persévérant, mais sans doute peu compétant puisqu’on ne prolonge pas sa présence au sein de l’organisation.

Qu’il est toujours en apprentissage, alors que vous avez besoin d’une personne autonome et prête à l’emploi.

Le stage a sa raison d’être dans un parcours scolaire. Apres, cela s’appelle de travail non déclaré.


Jérôme RAMACKER
52 remèdes à l’incommunication.



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